Maladies & ravageurs

Conseils pour contrôler les acariens rouges dans les serres et jardins

Par Maxime
5 minutes

Identifier et comprendre les acariens rouges : le premier pas vers un jardin sain


Discrets, mais redoutables, les acariens rouges (aussi appelés tétranyques) représentent l’un des plus grands défis pour les jardiniers amateurs comme expérimentés. Installés aussi bien sous abri qu’au potager ou dans les massifs fleuris, ils prolifèrent quand chaleur et sécheresse s’installent. Comment les reconnaître, anticiper leur venue et adopter les bons réflexes pour préserver vos plantations ? Voici notre dossier pratique, astuces et méthodes validées sur le terrain – validé par la communauté de outils-de-jardin.fr.


Zoom sur ces ravageurs malins : qui sont les acariens rouges ?


Le terme d’« acariens rouges » désigne le plus souvent le tétranyque tisserand (Tetranychus urticae). Difficile à voir à l’œil nu (0,3 à 0,5 mm), il se cache sur la face inférieure des feuilles, formant de fines toiles ressemblant à des fils de coton. Son activité explose généralement dès les premières sécheresses printanières ou sous serre chaude mal aérée. Il s’attaque à de nombreuses cultures : tomates, fraisiers, haricots, aubergines, melons, mais aussi rosiers, plantes d’intérieur, etc.


  • Symptômes visibles : feuilles marbrées de jaunes, ponctuations claires, aspect terne, bronzé ou desséché.
  • Conséquences : ralentissement de la croissance, photosynthèse affaiblie, chute prématurée des feuilles, récolte compromise.
  • Cycle de vie rapide : une femelle pond jusqu’à 100 œufs. Plusieurs générations s’enchaînent sur la belle saison.

Savoir repérer l’invasion tôt : l’observation, arme numéro un


Mieux vaut prévenir que guérir ! La détection précoce limite grandement les dégâts. Voici les méthodes conseillées :


  1. Inspection régulière de la face inférieure des feuilles, surtout en période chaude et sèche. Utilisez une loupe pour visualiser les minuscules points mobiles.
  2. Surveillance des tissus végétaux : marbrures jaunes/grises, décoloration, aspect poussiéreux ou toiles fines sur les parties protégées.
  3. Test du « papier blanc » : secouez doucement une tige au-dessus d’une feuille ou d’une glace blanche, puis observez à la loupe les points rouges qui se déplacent rapidement.
  4. Repérage des foyers chauds et secs : attention aux rebords de fenêtre, aux serres mal ventilées, et aux plantes stressées (manque d’eau, excès d’engrais ou coup de chaud soudain).

Une détection avant la généralisation sauve la plupart des cultures sans traitements lourds.


Stratégies préventives à mettre en place tout au long de l’année


Maintenir un écosystème équilibré reste la meilleure parade. Voici les leviers à actionner sans attendre :


  • Aération optimale des serres et tunnels : ouvrez fenêtres et portes dès que possible, même brièvement en hiver ou au printemps, pour casser la stagnation d’air et limiter la hausse des températures internes.
  • Arrosage régulier, sur le feuillage si nécessaire : les acariens détestent l’humidité (surtout la nuit ou le matin). Pulvérisez (eau pure) les feuillages sensibles par temps sec, surtout sous serre.
  • Paillage épais : il maintient la fraîcheur au niveau du sol et limite les plantes stressées.
  • Évitez l’excès d’azote : les plantes « suralimentées » sont plus sensibles aux attaques d’acariens.
  • Alternez les emplacements des cultures sensibles : ne replantez pas chaque année tomates ou fraisiers aux mêmes endroits.
  • Attirez les auxiliaires naturels : coccinelles, chrysopes, et surtout les acariens prédateurs (Phytoseiulus persimilis, Amblyseius californicus…), grands consommateurs de tétranyques.

Méthodes écologiques pour lutter contre les foyers installés


Les traitements de choc ne sont pas toujours utiles, mais un ensemble d’actions coordonnées donne de très bons résultats.


  1. Coupez et détruisez les feuilles fortement infestées (brûlage ou mise en sac fermé pour élimination, pas sur le compost).
  2. Douches fraîches ou aspersion d’eau froide sur les feuilles matin ou soir : répétez la pulvérisation tous les deux jours pendant une semaine (hors plein soleil pour éviter le brûlage).
  3. Application de savon noir dilué (5 à 10 g/litre) ou purin d’ortie/consoude : pulvérisez sur et sous les feuilles, renouveler tous les 5 à 7 jours.
  4. Lâcher d’auxiliaires spécifiques (acariens prédateurs) à commander auprès de fournisseurs spécialisés : redoutable contre les grandes colonies sous serre.
  5. Nettoyez régulièrement les abords et supports : désinfectez outils, tuteurs, tablettes et rebords susceptibles d’héberger des œufs résiduels.

Évitez absolument les insecticides classiques : ils déciment aussi les prédateurs naturels et aggravent souvent la situation.


Tableau pratique : solutions naturelles contre les acariens rouges


ActionMatériel/ProduitFréquenceEfficacité
Lavage du feuillageEau claire (pulvérisateur)2-3 fois/semainePrévention et limitation
Pulvérisation savon noirSavon noir liquide bio (5-10 g/L)1x/sem. renouvelé 2-3 foisBon effet sur foyers légers
Lâcher de prédateursAcariens Phytoseiulus ou AmblyseiusEn 1 ou 2 apportsÉradication en serre/abri
Élimination mécaniqueFeuilles malades, supportsDès apparition premiers foyersLimitation propagation
Augmentation humiditéBassines d’eau, brumisateursToujours en période chaudeDécourage la prolifération

Techniques et astuces pour petites et grandes serres


  • Dans les serres tunnel : combinez ombrage partiel, larges ouvertures quotidiennes et pulvérisations préventives en début d’été. Misez sur un paillage dense et des plantes compagnes peu sensibles proches des cultures attaquées.
  • Sur mini-cultures (bacs, balcon, jardinières) : vérifiez chaque semaine le dessous des feuilles. Déplacez les pots à l’ombre par forte canicule et brumisez l’air ambiant pour éviter les stress thermiques.
  • Pour les plantes sensibles (aubergine, tomate, fraisiers en serre) : en période à risque, adoptez un programme de douches régulières et introduisez des prédateurs préventivement (¼ des doses classiques).

Un jardin bien surveillé traverse la saison avec beaucoup moins de pertes.


À éviter : erreurs courantes face aux acariens rouges


  • Arrosage au pied uniquement : oubliez le feuillage, ce qui installe la sécheresse favorable aux acariens.
  • Recours à des traitements chimiques « choc » : la faune auxiliaire est détruite, les tétranyques reviennent encore plus fort.
  • Mauvaise rotation des cultures : laisser d’année en année les mêmes plantes sensibles dans la même parcelle stabilise les populations d’acariens.
  • Oubli du nettoyage de la serre à l’automne : œufs et larves hivernent dans les interstices et feuillages restants.
  • Négliger la surveillance estivale : essayé d’intervenir seulement quand l’invasion est massive.

Conseils actionnables pour limiter durablement les acariens rouges


  1. Installez, dès la mi-printemps, des pièges jaunes englués pour surveiller l’arrivée de différents ravageurs (y compris les acariens par leurs dégâts).
  2. Planifiez un arrosage aérien régulier toutes les semaines sur les cultures sensibles de la serre, surtout lors des périodes sèches.
  3. Commandez un lot d’acariens prédateurs pour introduire préventivement dès le premier foyer repéré.
  4. Taillez et éliminez systématiquement les feuilles très abîmées pour freiner la multiplication des acariens.
  5. Alternez les lieux de plantation chaque année et associez des plantes peu sujettes (basilic, oeillet d’Inde, bourrache) aux cultures fragiles.
  6. Nettoyez la serre en profondeur à l’automne (voir notre article dédié), pour limiter l’hivernage des formes résistantes.

À retenir : vigilance, humidité et auxiliaires pour des jardins éclatants toute la saison


Si le tétranyque rouge s’installe volontiers dès que chaleur et sécheresse s’invitent, quelques gestes bien ciblés suffisent à en limiter fortement la nuisance. Surveillez régulièrement vos plantations, privilégiez l’humidité ambiante et aérez vos serres pour casser le cycle du ravageur. Quand l’invasion s’annonce, préférez les méthodes douces : lavage, savon noir, et surtout lâchers d’acariens utiles, redoutablement efficaces sous abri. En intégrant ces réflexes dans votre routine, vous offrez à vos cultures un environnement sain et productif, sans avoir recours aux traitements agressifs.

Pour plus d’astuces concrètes, de retours d’expérience et de tests de solutions naturelles, retrouvez la rubrique « Maladies & ravageurs » sur outils-de-jardin.fr : votre allié pour un jardin florissant et écologique, tout au long de l’année !


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