Maladies & ravageurs

Reconnaître les signes de maladies courantes au jardin

Par Maxime
6 minutes

Identifier rapidement les maladies qui menacent votre jardin


Quand les beaux jours reviennent, jardiniers chevronnés et débutants surveillent la vitalité de leur potager, massif ou verger. Pourtant, même avec des pratiques exemplaires, il n’est pas rare de voir surgir des feuilles tachetées, des fruits abîmés ou des plantes qui végètent. Savoir décrypter les symptômes, souvent discrets au début, permet d’agir vite — et d’éviter que la maladie ne se propage à tout le jardin. Découvrez, en toute simplicité, les principaux signes d’alerte des maladies courantes, des conseils pour y voir clair, et les réflexes à adopter au quotidien.


Les premières manifestations sur les feuilles


Feuilles tachées, jaunies ou déformées : que faut-il penser ?

  • Taches brunes, noires ou jaunes : Souvent liées aux champignons (tavelure, oïdium, rouille, alternariose), elles apparaissent sous forme de points ou larges plages, isolés ou groupés, parfois auréolés de jaune ou de vert clair. Les zones atteintes sèchent ou se percent au centre.
  • Feuilles qui jaunissent (chlorose) : Cette coloration peut alerter sur un manque d’éléments nutritifs, un excès d’eau ou l’installation d’un parasite racinaire. Mais si le jaunissement s’accompagne de taches, de zones nécrosées ou d’une chute précoce, suspectez une attaque fongique (mildiou, fusariose) ou bactérienne.
  • Déformations, boursouflures, recroquevillements : Le feuillage se gondole, frise ou s’enroule. Le responsable est parfois invisible à l’œil nu : virus (mosaïque du concombre, mosaïque de tomate, virus de la sharka des pruniers) ou insectes vecteurs (pucerons, aleurodes).
  • Poudre blanche ou noire à la surface : L’oïdium se manifeste par un duvet blanchâtre duveteux sur feuilles et tiges, alors que la fumagine, champignon noirâtre, colonise les substances sucrées déposées par des insectes.

Cas pratiques : où observer ?

Examinez toujours la face inférieure des feuilles et les jeunes pousses : c’est bien souvent l’endroit où les premiers symptômes s’installent. Vérifiez également autour des points de croissance (bourgeons), sur les nervures et les jeunes feuilles du centre de la touffe, zones plus sensibles.


Alertes sur les tiges, rameaux et troncs


  • Les chancres ou craquelures : Après une blessure, un coup de gel ou une taille, des champignons pathogènes (ex : Nectria, Cytospora) s’infiltrent. Le bois se creuse, devient brun ou coule, la zone se dessèche ou exsude une gomme brunâtre.
  • Tiges qui flétrissent ou se ramollissent : Certaines maladies (fonte des semis, sclérotiniose, fusariose) provoquent un affaissement brutal du collet ou des tiges proches du sol, souvent accompagné d’un feutrage blanc (mycélium) ou d’anneaux foncés.
  • Taches sombres ou écorce qui se décolle : Symptôme classique de la moniliose sur arbres fruitiers, du chancre bactérien ou de l’anthracnose sur arbustes à petits fruits.
  • Exsudats, gomme ou écoulements suspects : Lorsque l’arbre pleure une sève brune ou orangée, attention à la gommose ou au Coryneum !

Décoder les anomalies sur les fleurs et les fruits


  • Boutons qui ne s’ouvrent pas ou deviennent grisâtres : Flétrissement, pourriture grise (Botrytis), voire oïdium si un duvet poudreux recouvre les boutons.
  • Fruits avec taches, pourrissement ou malformations : Sur tomate, pomme, poire et pêche, surveillez moniliose (pourriture brune et dessèchement), la tavelure (croûtes sombres), les fruits fendillés (alternariose, coup de froid) ou la pourriture grise.
  • Présence de points noirs ou blancs, moisissures, ou fruits momifiés attachés à l’arbre : Ils indiquent souvent la phase de contamination avancée d’un champignon.

Un fruit endommagé ne doit jamais être laissé sur la plante. Ramassez dès que possible pour limiter la diffusion du pathogène.


Dépister les maladies de la racine au sommet


Symptômes souterrains : les racines aussi sont à surveiller

  • Pied qui bascule ou plante qui ne pousse plus : Les maladies du sol (pythium, rhizoctone, verticilliose) entraînent un système racinaire noirci, lent ou inexistant et une croissance stoppée.
  • Bulbes ou tubercules mous, pourris ou couverts d’anneaux foncés : Typique de la pourriture (sclérotiniose, bactériose) sur pommes de terre, carottes, bulbes de tulipes, etc.
  • Petites galles ou nodosités sur les racines : Elles révèlent la présence de nématodes ou de bactéries (agrobactérias).

Stagnation, anémie générale ou croissance stoppée

Une plante qui végète sans raison apparente peut cacher une attaque insidieuse : virus transmis par insectes piqueurs, bactéries du sol ou champignons opportunistes perturbent l’absorption et le transport des nutriments. On observe alors une croissance réduite, des entre-nœuds raccourcis et une floraison déficiente.


Maladies fréquentes : repères visuels et solutions concrètes


Tableau de bord express : reconnaître en un clin d’œil

  • Mildiou : taches huileuses puis brunes, aspect mouillé se propageant sur feuilles et tiges, feutrage blanc au revers. Plantes touchées : tomate, pomme de terre, vigne.
  • Oïdium : feutrage blanc farineux sur feuilles, boutons, jeunes pousses. Spécialiste des rosiers, cucurbitacées, vignes et arbres fruitiers.
  • Tavelure : taches brunes/olives, irrégulières sur fruits et feuilles pommiers/poirier, puis craquelures.
  • Rouille : ponctuations orangées ou brunes sous les feuilles, feuilles qui tombent prématurément, touche rosiers, arbres fruitiers, poireaux, soucis.
  • Botrytis (pourriture grise) : duvet grisâtre sur fleurs et fruits, affaissement, fruits mous.
  • Fusariose, verticilliose : paling, flétrissement progressif à partir du bas, tiges brunies à la coupe.
  • Sclérotiniose : feutrage blanc, présence de petits « grains de riz » noirs sur tiges ou fruits, fonte brutale.
  • Virus mosaïque : feuilles marbrées, cloquées, croissance réduite, pas de traitement direct.
  • Bactéries : taches humides, suintement, pourritures molles accompagnées d’odeurs fortes.

Conseils d’intervention immédiate

  • Isoler et retirer : Supprimez les parties atteintes (ou la plante entière pour les virus), brûlez-les ou jetez-les à la poubelle (jamais au compost).
  • Aérer et alléger les arrosages : Favorisez une aération optimale et évitez le mouillage du feuillage, surtout en soirée.
  • Désinfecter outils et mains : Après chaque intervention, passez vos outils à l’alcool ou une solution javellisée.
  • Appliquer traitements naturels préventifs : Purins d’ortie, de prêle, bouillie bordelaise (selon espèce), huile de colza, soufre, bicarbonate pour l’oïdium sous réserve d’usage adapté.
  • Changer de parcelle : Pour les cultures annuelles (tomate, pomme de terre), pratiquez la rotation : les maladies du sol persistent longtemps en place.

Plantes les plus à risque : mieux cibler sa surveillance


  • Tomates, pommes de terre : mildiou, alternariose, virus mosaïque.
  • Rosiers, arbres fruitiers à pépins : tavelure, oïdium, rouille.
  • Cucurbitacées (courgette, concombre, melon) : oïdium, sclérotiniose, fusariose.
  • Légumes feuilles/poireaux : rouille, pourriture blanche, mildiou.
  • Pommiers, pruniers : moniliose, bactérioses et chancre.

Erreur fréquente : confondre maladie et ravageur


Beaucoup de signes attribués à une « maladie » proviennent en fait de l’action de parasites (pucerons, thrips, acariens), de carences ou de stress (sécheresse, coup de gel). Ainsi, feutrages, taches, et dépérissement nécessitent une observation fine : inspectez sous les feuilles, à la loupe si besoin, pour repérer oeufs, piqûres ou excréments.


Mes gestes préventifs pour limiter l’apparition des maladies


  1. Aérez, espacez, variez : éviter les plantations trop serrées, pratiquer la rotation sur quatre ans, mélangez les familles végétales.
  2. Choisissez des variétés résistantes : préférez, à l’achat, des plants signalés comme tolérants ou moins sensibles.
  3. Drainez bien le sol et paillez : l’excès d’humidité favorise l’explosion des maladies cryptogamiques.
  4. Désinfectez outils, caissettes et pots : entre deux utilisations, pour éviter la dissémination invisible de spores.
  5. Observez très régulièrement : cinq minutes chaque semaine suffisent à repérer les premiers signaux.

En pratique : adopter les bons réflexes pour garder un jardin sain


  • Plantez varié : La diversité réduit la vitesse de propagation d’un pathogène.
  • Favorisez la vie du sol : Un sol vivant renforce la résistance des plantes.
  • Composez vos apports : Utilisez plutôt du compost mûr, qui stimule la biologie naturelle et la défense des plantes.
  • Récoltez et éliminez proprement : Récupérez fruits tombés, fleurs fanées et feuilles malades sans tarder.
  • Ne laissez jamais stagner de l’eau : Entretenez les soucoupes des pots, vérifiez les points bas du jardin après la pluie.

Pour conclure : vigilance, observation et action


Les maladies du jardin ne sont pas une fatalité. En gardant l’œil ouvert sur les moindres changements, en connaissant les symptômes majeurs et en adoptant une routine de prévention, vous offrez à vos plantes les meilleures chances de résister naturellement. Si l’attaque est déclarée, une intervention rapide et adaptée limitera les dégâts, tout en préservant la santé globale de votre jardin.
En jardinage comme ailleurs, la clé reste l’observation régulière, le bon sens, et la réactivité. N’hésitez pas à tenir un carnet des problèmes rencontrés : vous y trouverez chaque année des indices précieux pour améliorer vos pratiques — et gagner plus de fleurs, fruits et légumes en pleine forme !

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