Compost & sols

Comment réduire les mauvaises odeurs dans son composteur

Par Maxime
5 minutes

Éliminer les odeurs désagréables de son compost : solutions concrètes pour un composteur sain


Un composteur bien équilibré est censé développer une odeur de terre de forêt ou d’humus, jamais une senteur nauséabonde de pourriture, d’ammoniac ou d’œuf. Pourtant, même les composteurs les mieux entretenus peuvent parfois dégager une mauvaise odeur, décourageant l’utilisation et parfois même gênant le voisinage. Comment venir à bout de ces odeurs ? Quelles sont les causes les plus fréquentes et quels gestes simples permettent d’y remédier durablement ? Voici un guide pratique élaboré à partir des retours de jardiniers testeurs et de conseils d’experts pour retrouver un compost qui sent bon le naturel !


Comprendre l’origine des mauvaises odeurs : une affaire d’équilibre


Un composteur qui sent fort est le signal d’un déséquilibre. Dans la très grande majorité des cas, il s’agit :


  • d’un excès d’humidité,
  • d’un manque d’aération,
  • ou d’une mauvaise gestion de l’apport entre déchets « verts » et « bruns ».

Lorsque l’un ou plusieurs de ces piliers du compostage sont négligés, la décomposition aérobie (avec oxygène) ralentit et des bactéries indésirables prennent le dessus, provoquant ces effluves peu agréables.


Les principales erreurs à éviter au composteur


  • Trop de matières humides (épluchures, tonte de gazon fraîche, restes alimentaires) sans apport de matières sèches, provoque la pourriture et la fermentation.
  • Compactage du tas : lorsque les déchets sont tassés ou collent entre eux, l’air ne circule plus et le compost devient anaérobie, d’où les odeurs d’œuf, de soufre ou d’ammoniac.
  • Manque de matières « brunes » (feuilles sèches, broyat, carton, paille), ce qui déséquilibre le rapport carbone/azote essentiel à une décomposition sans odeur.
  • Dépôts de restes animaux (viande, poisson, produits laitiers), rarement conseillés dans un composteur de jardin car ils se dégradent lentement et attirent les nuisibles tout en générant des effluves persistantes.

Actions immédiates pour stopper les odeurs incommodantes


  1. Remuer énergiquement votre compost.
    Aérer est la première mesure : utilisez une fourche ou un brass’compost pour permettre à l’oxygène de pénétrer au cœur du tas. Faites-le remonter les couches basses et inversez si possible le haut et le bas du tas. Le simple fait de brasser chasse les gaz et réactive la fermentation aérobie.
  2. Rectifier l’humidité.
    Votre compost est détrempé et colle ? Ajoutez de la matière sèche : feuilles mortes, copeaux de bois, petits morceaux de branchages, carton déchiqueté non imprimé. Continuez d’en ajouter en fines couches jusqu’à ce que le mélange ait la texture d’une éponge essorée.
  3. Équilibrer les apports.
    Si la dernière tournée était essentiellement composée de pelures humides ou de restes de repas, il faut impérativement saupoudrer une couche carbonée sèche équivalente. Alternez « vert » (déchets fraîchement coupés, gazon, trognons de légumes, marc de café) et « brun » au moins à parts égales.
  4. Supprimer ce qui ne devrait pas y être.
    Si vous soupçonnez la présence de viande, poisson ou lait qui a viré, retirez-les impérativement du composteur pour stopper la source du problème.

Bonnes pratiques et routine anti-odeurs : garder un compost actif et sain


  • Mélanger à chaque apport : n’attendez pas que le tas sente pour le mélanger. À chaque fois que vous ajoutez des déchets, profitez-en pour remuer et incorporer à l’ancien compost.
  • Ajouter régulièrement de la matière structurante : branches broyées, paille, coques de fruits, carton brun déchiré en petits morceaux... Ces matières évitent le tassement, améliorent l’aération et servent de « tampon » contre l’excès d’humidité.
  • Installer le composteur dans un endroit drainé : sous les arbres à l’ombre légère pour éviter les excès d’eau de pluie ou de soleil direct, qui accélère la décomposition et peut accentuer les émanations.
  • Utiliser un activateur naturel : une poignée d’orties, de consoude ou le contenu d’un vieux compost bien mûr apporte des micro-organismes accélérateurs et améliore la dégradation rapide des matières odorantes.

Quels déchets éviter d’ajouter pour neutraliser les odeurs ?


  • Restes de cuisson graisseux ou huilés : ils fermentent difficilement et encrassent le compost.
  • Déchets animaux : viandes, sauces, produits laitiers provoquent de fortes odeurs et attirent les rats ou renards.
  • Plantes malades, parties de végétaux infectés : favorisent les champignons et moisissures malodorantes. Compostez-les à part ou évacuez-les via une déchetterie verte.
  • Gros morceaux de fruits ou légumes non découpés : ils mettent du temps à se dégrader, restent compactés au centre et deviennent « poches » d’odeur.

Reconnaître l’odeur, identifier la cause, agir efficacement


  • Odeur d’œuf pourri (soufre) : signe d’un compost asphyxié, compacté ou détrempé. Solution : aérer et amender avec du « brun ».
  • Odeur d’ammoniac forte : trop de matières azotées (herbe tondue, pelures de légumes en excès). Ajoutez plus de matière sèche et diminuez les apports de gazon frais, préférez-le séché ou en fines couches mélangées.
  • Odeur de putréfaction, de pourri : déchets d’origine animale présents, ou pockets de légumes mal mélangés. Retirez les morceaux incriminés, aérez, saupoudrez de matières sèches.

Focus : les cas particuliers des composteurs urbains et bacs fermés


En ville ou avec un composteur en plastique fermé, le problème d’aération est amplifié. Quelques astuces spécifiques :


  • Percez quelques trous d’aération en plus sur les côtés et le couvercle si besoin (attention à ne pas fragiliser la structure).
  • Évitez le dépôt de gros volumes de déchets humides en une fois : fractionnez en petits apports et recouvrez toujours de 2 à 3 cm de matière sèche.
  • Utilisez une petite ailette ou un aérateur manuel pour brasser le contenu sans le sortir du bac. Certains accessoires sont spécialement conçus pour ces modèles compacts.
  • Positionnez une poignée de terre du jardin au sommet ou en couches pour « ensemencer » et accélérer le retour d’une odeur d’humus naturelle.

Petites astuces pour garder un composteur propre et sans effluves


  1. Lavez le bac de collecte de compost une ou deux fois par an pour éviter l’encrassement.
  2. Laissez le couvercle entrouvert ou retirez-le quelques heures par semaine par temps sec pour favoriser l'évaporation.
  3. Diversifiez les apports : plus la variété est grande (marc de café, coquilles d’œuf écrasées, feuilles, petites brindilles), plus l’équilibre s’établit facilement et moins les odeurs s’installent.
  4. Pensez aux activateurs biologiques : ils boostent la décomposition lors d'une mise en route ou d'une période de ralentissement.

Ce qu’il faut retenir pour un compost sain, discret, et vraiment utile au jardin


  • Si une odeur apparaît, réagissez sans attendre : aérez, ajustez l’humidité, surveillez les apports.
  • Misez sur la régularité : mélangez, équilibrez « vert » et « brun », surveillez la texture « éponge essorée ».
  • Evitez tout ajout non compostable ou de déchet d’origine animale.
  • Pensez à la microfaune : vers, cloportes et micro-organismes sont vos alliés pour transformer les déchets en humus et lutter contre les mauvaises odeurs.
  • Gardez toujours à portée de main un seau de matière sèche pour saupoudrer chaque nouvel apport.

Un composteur n’est pas une poubelle à épluchures mais une petite usine naturelle à sol fertile ! Corriger les déséquilibres dès leur apparition, avec quelques gestes simples et des apports variés, vous assure non seulement de faire disparaître les mauvaises odeurs durablement, mais surtout de produire un compost riche, inodore et bénéfique pour toutes vos plantations. Le réflexe efficace : observer, équilibrer, agir concrètement – c’est la clé d’un composteur qui sent bon la vie de jardin… et jamais la poubelle !


Articles à lire aussi
outils-de-jardin.fr