Pourquoi choisir le fumier pour booster son compost ?
Parmi les différentes façons d’amender et de régénérer la terre du potager ou des massifs, le compost enrichi au fumier reste un incontournable des jardiniers exigeants. Bien utilisé, ce matériau organique venu tout droit de l’élevage permet de nourrir le sol, relancer l’activité microbienne, et d’offrir une fertilité durable, bien supérieure à celle des engrais minéraux. Mais pour profiter de ses formidables atouts sans risquer d’erreurs, quelques règles s’imposent : choix du fumier, temps de décomposition, mode d’incorporation… Faisons le point complet sur ce précieux allié.
Comprendre le compost de fumier : définitions et variantes
Le compost de fumier est élaboré à partir d’un mélange de fumiers animaux (bovins, équins, ovins, caprins, volailles) et de matières végétales (pailles, foins, copeaux). C’est la fermentation de l’ensemble, sous l’action de micro-organismes, qui produit un amendement stable, riche et assimilable par les plantes.
- Fumier frais : tout juste sorti de l’étable ou du poulailler, il contient encore de l’urine, beaucoup d’azote et d’éléments non décomposés. Il doit toujours être composté avant utilisation.
- Fumier composté : ce fumier a reposé au minimum 6 à 9 mois, a chauffé puis mûri. Il est brun, friable, sans odeur forte, ni traces de paille intacte.
- Compost enrichi au fumier : on ajoute le fumier (en petite quantité) à un compost classique (déchets verts du jardin et de cuisine) pour booster l’azote et accélérer la fermentation.
À chaque étape, le niveau de maturité du fumier change, influant fortement sur la sécurité de son emploi au potager ou au jardin d’ornement.
Quels sont les avantages du compost de fumier ?
- Riche en nutriments : azote, phosphore, potassium, calcium et oligo-éléments indispensables aux plantes.
- Stimule la vie du sol : stimule lombrics, champignons, bactéries et microfaune, pour une terre vivante et fertile.
- Améliore la structure : rend les sols lourds plus souples et les sols sableux plus riches en humus.
- Nourrit sur la durée : l’effet est progressif et perdure sur plusieurs saisons, à la différence des engrais solubles.
- Écologique : recyclage intelligent des déchets animaux, qui économise engrais chimiques et transport lointain.
Fumier de cheval, de vache, ou de volaille : lequel choisir ?
Tous les fumiers ne se valent pas. Pour réussir son compost, il importe de privilégier certaines espèces, chacun ayant ses spécificités :
- Fumier de cheval : chaud, léger, riche en paille, idéal pour activer un compost ou réchauffer une couche chaude. À mélanger avec d’autres déchets pour équilibrer l’azote et le carbone.
- Fumier de vache : plus humide, compact et froid. Décomposition plus lente, mais excellente pour amender durablement les terres.
- Fumier de mouton ou de chèvre : très concentré, sec, parfait pour les sols lessivés, mais à employer en couche mince.
- Fumier de volaille : très riche en azote, risqué à forte dose. Parfait comme activateur de compost, jamais utilisé pur ni frais.
Astuce concrète : alternez les apports, si possible, ou complétez avec un peu de tontes de pelouse, feuilles mortes, broyats, pour bien équilibrer la recette !
Comment réussir le compostage du fumier : méthode étape par étape
- Choisir un emplacement aéré et drainé : évitez le contact direct avec les racines des arbres fruitiers ou la proximité d’un puits. Un fond en bois, vieux palettes ou branches grossières facilite l’aération.
- Alterner les couches : disposez une couche de fumier (10-20 cm) puis une couche de déchets verts ou paillis secs (10-20 cm), et ainsi de suite.
- Surveiller l’humidité : le tas doit rester humide comme une éponge essorée. Trop sec, la fermentation ralentit ; trop mouillé, le tas pourrit ou sent mauvais.
- Retourner le tas : toutes les 3 à 5 semaines, mélangez le contenu pour aérer et homogénéiser la décomposition.
- Laisser mûrir : 6 à 12 mois de maturation sont nécessaires pour obtenir un compost de fumier bien stabilisé, brun, inodore et structure grumeleuse.
Précautions à respecter pour un usage sans risques
- Jamais de fumier frais sur le potager : il brûle les jeunes plantes, favorise les maladies et transporte encore germes et graines indésirables.
- Evitez l’excès : trop de fumier, même mûr, surcharge le sol en azote et peut polluer (nitrates).
- Laissez reposer avant culture alimentaire : respectez 3 à 6 mois entre l’apport et la plantation/légumes récoltés près du sol (salades, carottes, radis).
- Portez des gants lors de la manipulation : gage d’hygiène, surtout avec des fumiers animaux variés.
- Surveillez les apports de fumiers de provenance inconnue : préférez les exploitations bio ou sans traitements vétérinaires récents.
Application : où, quand et comment incorporer le compost de fumier ?
- Au potager et pour les massifs : épandez 2 à 4 kg/m² de compost mûr sur la surface, à l’automne ou à la fin de l’hiver, puis enfouissez légèrement (5-10 cm) à la griffe ou à la grelinette pour ne pas perturber la vie du sol.
- Pour le verger et les arbres d’ornement : apport en surface sous forme de paillage au pied, ou en léger mélange en périphérie de la couronne racinaire.
- Pour la pelouse : compost très mûr, tamisé, à très faible dose (0,5-1 kg/m² maximum), une fois par an au printemps ou à l’automne.
Évitez d’incorporer du fumier frais juste avant le semis ou la plantation, surtout pour les légumes-racines ou feuilles.
Tableau comparatif : doses recommandées selon l’usage
| Culture | Dose de compost de fumier mûr | Période idéale |
|---|---|---|
| Potager (sol nu) | 2-4 kg/m² | Automne ou fin hiver |
| Arbres fruitiers/massifs | 2-3 kg/m² | Printemps/automne |
| Pelouse | 0,5-1 kg/m² (tamisé) | Avril-mai ou septembre |
| Culture sous serre | 1-2 kg/m² | Entre deux cycles |
Erreurs fréquentes à éviter
- Utiliser du fumier de mauvaise qualité, mal décomposé ou souillé (papiers, plastiques, litière souillée de produits chimiques)
- Tasser excessivement le tas, ce qui bloque l’aération et ralentit le processus
- Attendre trop peu de temps avant utilisation : patience = efficacité et sécurité !
- Employer du fumier contenant des graines de plantes invasives : privilégiez la montée en température (>50°C) pour détruire les semences
Conseils pratiques pour passer à l’action facilement
- Demandez à un centre équestre ou éleveur local de vous céder du fumier, idéalement déjà stocké et mûri au moins 6 mois.
- Investissez dans une fourche ou un petit aérateur de compost pour mélanger le tas sans effort.
- Si vous commencez, démarrez avec une petite quantité (1/2 m3) pour bien apprendre à gérer le processus et observer le résultat.
- Recouvrez votre tas d’une vieille bâche ou d’un tapis végétal pour freiner la dessiccation et éviter un lessivage trop rapide des nutriments.
- Utilisez un simple test olfactif et visuel : un compost mûr sent la forêt, n’irrite plus le nez, et sa texture est homogène, sans filaments de paille entiers.
Exemples d’associations réussies pour un sol regonflé !
- Compost de fumier + feuilles mortes : mariage parfait pour les terres argileuses ou lourdes, apporte souplesse, humus et richesse microbienne.
- Compost de fumier + tonte de pelouse : boost azoté idéal au printemps, veillez à alterner avec matière sèche pour équilibrer le compost.
- Compost de fumier + BRF (bois raméal fragmenté) : pour tous les massifs de vivaces et arbustes, limite le dessèchement et nourrit lentement sur plusieurs mois.
À retenir : un compost de fumier bien géré, la garantie d’un sol vivant sur la durée
En maîtrisant l’art du compost de fumier, vous offrez à votre jardin un véritable cercle vertueux : meilleurs rendements, moindre usage d’engrais, sol vivant et sain, respect de l’environnement et recyclage local des biodéchets. L’essentiel est de miser sur la patience, la régularité, et l’observation : vous verrez très vite la différence sur la vitalité de vos plantations et la structure de votre terre, année après année.
Pour aller plus loin : retrouvez sur outils-de-jardin.fr des guides comparatifs de composteurs, des idées d’associations de matières et des témoignages pour optimiser le compostage du fumier à l’échelle familiale ou collective !