Maladies & ravageurs

Comment détecter et traiter le mildiou de la tomate

Par Maxime
5 minutes

Reconnaître les premiers signes du mildiou sur les tomates : l’essentiel pour agir vite


Cultiver des tomates au jardin est un plaisir partagé par nombre de jardiniers. Pourtant, une menace plane chaque saison : le mildiou, fléau qui peut ruiner une récolte en quelques jours si rien n’est fait. Cette maladie cryptogamique, causée par le champignon Phytophthora infestans, frappe lorsqu’humidité et chaleur s’installent au jardin. Pas de panique : avec une observation attentive et des gestes ciblés, il est possible de sauver une large partie de sa culture. Voici, étape par étape, comment le détecter puis le traiter efficacement.


Qu’est-ce que le mildiou de la tomate ?


Le mildiou est une maladie redoutée des solanacées (tomates, pommes de terre, aubergines) dès que les conditions deviennent favorables : températures comprises entre 15 et 25°C, forte humidité, pluies répétées ou rosées continues. Invisible au départ, il se développe très rapidement, passant d’une tâche banale à la destruction de la plante en quelques jours.


  • Origine : Champignon microscopique présent dans le sol et sur les débris végétaux.
  • Facteurs déclenchant : Alternance humidité/chaleur, feuillage mouillé durablement, plantations denses.
  • Cycle de vie : Les spores germent sur les feuilles mouillées puis colonisent toute la plante.

Comment reconnaître les premiers symptômes sur le terrain ?


  • Premières taches sur les feuilles : Taches brunes à bords flous, vite auréolées de jaune, apparaissent sur la face supérieure. Au revers, un léger duvet blanchâtre peut être visible par temps humide.
  • Dépérissement rapide : Les parties atteintes jaunissent, se dessèchent puis brunissent. Les tiges peuvent présenter des striures noires ou brunes et s’affaiblissent.
  • Atteinte des fruits : Les tomates se tachent de zones brunes, dures, qui s’étendent et empêchent la maturation normale. Les fruits finissent par pourrir sur pied ou tomber.

À surveiller particulièrement : Les feuilles les plus basses et les plus exposées aux éclaboussures ; le pied en période de pluies ou d’arrosage sur le feuillage.


Le bon réflexe : anticiper et limiter les risques de mildiou


  • Espacer les plants : Respectez un minimum de 60 cm entre chaque plant pour favoriser l’aération.
  • Pailler la base : Paillez généreusement pour éviter les remontées d’humidité du sol.
  • Arroser au pied : Préférez un arrosage ciblé le matin directement au sol, sans mouiller les feuilles.
  • Ôter les feuilles basses : Dès que les plants grandissent, éliminez les feuilles à ras du sol (10 à 20 cm de hauteur).
  • Installer un abri ou un tunnel ouvert : Protéger du ruissellement direct est un atout majeur, sans jamais enfermer l’humidité.

En cultivant des variétés résistantes et en renouvelant la parcelle tous les ans, on réduit la pression du pathogène au jardin.


Le diagnostic : comment être sûr qu’il s’agit bien du mildiou ?


  1. Observez la rapidité de propagation : le mildiou se diffuse très vite d’une feuille à l’autre, parfois en moins de 48 h.
  2. Identifiez les taches typiques : brun-verdâtre à bords imprécis, souvent auréolées de jaune, parfois accompagnées d’un duvet gris-blanc sous les feuilles par temps humide.
  3. Vérifiez la présence de symptômes sur tiges et fruits : noircissement, flétrissement, nécroses qui s’étendent irrégulièrement.
  4. Comparez à d’autres maladies : l’alternariose provoque des taches noires nettes à cercles concentriques. Le mildiou, lui, commence par des tâches diffuses et irrégulières.

Faire face à une attaque : que faire dès les premiers signes ?


  • Éliminer rapidement les parties atteintes : Coupez et jetez les feuilles/tiges malades dans un sac fermé (ne pas composter le mildiou).
  • Désinfecter le sécateur : Après chaque coupe, désinfectez les lames à l’alcool ou au vinaigre blanc pour limiter la propagation.
  • Aérer l’ensemble de la plante : Éclaircissez le plant si besoin pour accélérer le séchage du feuillage après la pluie.
  • Arrêter d’arroser le soir : Oubliez tout arrosage en fin de journée, sous peine d’aggraver l’humidité nocturne.

Quels traitements naturels et préventifs utiliser ?


1. La bouillie bordelaise (cuivre)


Produit à base de sulfate de cuivre, autorisé en agriculture biologique (à dose réglementée). Pulvérisez préventivement après chaque grande pluie, dès 20°C et avant les symptômes, surtout si des attaques ont déjà eu lieu dans le voisinage.
Limite : Surdosée, elle pollue sols et nappes phréatiques. Utilisez la avec parcimonie (pas plus de 3-4 applications par saison) et jamais à proximité d’un point d’eau.


2. Les extraits fermentés et décoctions végétales


  • Purins de prêle : Effet antifongique reconnu. Appliquer en pulvérisation foliaire tous les 7 à 10 jours en préventif.
  • Décoction d’ail : Antifongique naturel. Mélangez 100g d’ail haché/litre d’eau, faites bouillir, laissez infuser, filtrez et pulvérisez.
  • Purins d’ortie ou de consoude : Fortifient la plante. Utilisez en alternance pour stimuler la résistance globale.

3. Le bicarbonate de soude


Dilué à raison de 5 g/litre d’eau avec une cuillère à café de savon noir, ce traitement limite la germination des spores du mildiou sur les feuilles. Pulvériser tous les 10 jours en prévention ou immédiatement sur les surfaces saines dès la découverte des premiers signes.


Quand et comment intervenir pour limiter la casse ?


  1. Dès apparition de taches : Coupez en dessous de la zone touchée, désinfectez les outils, brûlez ou éliminez les débris.
  2. Agissez avant ou après la pluie : Traitez par temps sec et sans vent, de préférence le matin pour laisser les feuilles sécher rapidement.
  3. Surveillez tous les plants voisins : Le mildiou se propage très vite. Isolez les plants malades et recommencez l’inspection chaque matin en période à risque.

Astuces concrètes pour renforcer la résilience de vos tomates


  • Adoptez des variétés tolérantes : ‘Philovita’, ‘Maestria’, ‘Fandango’ ou encore tomates cerises et anciennes résistent mieux que les hybrides précoces.
  • Semez plus tôt sous abri : Déplacez vos semis en extérieur après les saints de glace pour limiter le temps d’exposition aux attaques fongiques.
  • Associez à des plantes compagnes : Basilic, œillets d’Inde, ail et ciboulette ont des effets répulsifs ou protecteurs (action attestée chez certains jardiniers).
  • Variez les emplacements : Alternez la place des tomates chaque année pour empêcher la concentration de spores dans le sol.

Erreurs fréquentes à éviter pour ne pas favoriser le mildiou


  • Arroser abondamment le soir : L’humidité nocturne favorise la germination des spores.
  • Laisser le feuillage toucher le sol : Les éclaboussures de pluie dispersent le champignon du sol vers la plante.
  • Réutiliser de la terre ou des tuteurs non désinfectés : Les spores survivent d’une saison à l’autre et infectent les nouveaux plants.
  • Surcharger la fertilisation azotée : Feuillages tendres et exubérants offrent des cibles parfaites au champignon.

Résumé pratique : la stratégie anti-mildiou, simple et actionnable


  • Observation rapprochée : Examinez vos pieds trois fois par semaine, surtout après une période de pluies.
  • Intervention précoce : À la première tache, coupez sans attendre tous les organes touchés.
  • Prévention avant tout : Pulvérisez du purin de prêle en prévention ou une bouillie bordelaise à dose réduite, si le temps humide s’éternise.
  • Rotation et variétés résistantes : N’oubliez pas de bouger vos plants chaque année et de miser sur des variétés robustes.
  • Entretien régulier : Nettoyez outils et supports, et éliminez aussitôt les feuilles mortes ou atteintes.

À retenir : réagir vite, jardiner plus résilient


Le mildiou effraie les jardiniers, mais la clé reste d’anticiper, surveiller et agir dès les tout premiers signes. En associant gestes de prévention, traitements naturels adaptés et gestion fine de l’humidité, il devient possible de limiter l’impact du champignon et de profiter malgré tout de jolies récoltes. Sur outils-de-jardin.fr, retrouvez nos tests de solutions, comparatifs de variétés résistantes et astuces de terrain pour rester maître de votre potager en toutes circonstances !


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