Arbres & haies

Biodiversité au jardin : installer une haie refuge pour la faune locale

Par Maxime
5 minutes

Un coin de nature vivante dans votre jardin

Si vous souhaitez rendre votre jardin plus accueillant pour la petite faune et encourager la biodiversité, l’installation d’une haie refuge se distingue comme une solution durable et concrète. Contrairement aux clôtures classiques ou aux haies de thuyas uniformes, la haie refuge agit comme un corridor vivrier, un abri, un garde-manger et une zone de passage pour une multitude d’animaux. Comment la planter, avec quelles espèces, et quels bénéfices réels en attendre ? Voici le guide actionnable pour transformer votre espace extérieur en véritable havre de vie.


Pourquoi choisir une haie refuge ?

Le principe d’une haie refuge repose sur sa capacité à accueillir et protéger différentes catégories d’animaux locaux : oiseaux, insectes pollinisateurs, petits mammifères, hérissons, amphibiens… Chacun y trouve sa place selon les espèces végétales sélectionnées et la structure globale de la haie.

  • Diversité végétale : elle attire une palette variée d’insectes, de papillons et d’abeilles qui y trouvent nectar et pollen.
  • Protection naturelle : les branchages denses offrent des abris contre les prédateurs et les intempéries, notamment pour la nidification.
  • Ressources alimentaires : baies, graines, feuilles et petits fruits nourrissent oiseaux, rongeurs et butineurs.
  • Corridors de déplacement : les haies connectées à d’autres espaces verts facilitent la circulation des espèces à travers les paysages agricoles ou urbains.

En bonus, la haie refuge structure le jardin, préserve votre intimité et limite l’érosion des sols ou le lessivage lors de fortes pluies.


Bien choisir les espèces : du local, du simple et du varié

Privilégier les essences locales

Adopter des arbustes et arbres indigènes (issus de votre région) garantit une adaptation parfaite au sol, au climat, et maximise l’intérêt écologique. Ces plantes sont mieux reconnues par la faune locale qui s’y nourrit ou s’y abrite volontiers.

  • Aubépine, prunellier, noisetier : parfaits pour offrir fleurs au printemps, fruits et abris tout au long de l’année.
  • Bourdaine, sureau noir, cornouiller sanguin, troène : très utilisés pour leur facilité de croissance et la diversité d’usages.
  • Églantier, viorne obier, chèvrefeuille, fusain d’Europe : sources importantes de baies et de fleurs, utiles aux oiseaux et butineurs.

Mixer étages et densités

Prévoyez plusieurs strates pour accueillir différents animaux :

  • Grands arbustes/arbres : alignés côté nord pour le brise-vent.
  • Arbustes moyens : formant le cœur de la haie, riches en fruits.
  • Petits arbustes et plantes basses : couvrent le sol, limitent les adventices, favorisent l’accueil des hérissons.

Planter sa haie refuge : quand, comment et où ?

Période idéale de plantation

Installez votre haie entre fin novembre et mars, hors périodes de gel, en préférant des plants jeunes (racines nues ou godets) plus adaptés à la reprise.

Préparation du sol

  • Décompactez le terrain sans retournement total pour préserver la vie du sol.
    Enrichissez avec du compost mûr ou du paillis organique.
  • Espacez les plants d’environ 80 cm à 1 mètre selon leur taille adulte.
  • Alternez les espèces pour obtenir un effet naturel et casser l’aspect monolithique.

Installer une lisière diversifiée

Enrichissez la base de la haie avec des vivaces locales, des bulbes printaniers, ou des zones de fleurs sauvages pour offrir pollen et nectar dès le début du printemps.


Entretenir sans contrainte : les bons gestes qui favorisent la faune

  • Taille douce : épargnez la haie entre mars et juillet (pleine période de nidification). Privilégiez l’automne ou l’hiver, et évitez de tailler chaque année pour laisser certaines parties vieillir naturellement.
  • Conserver le bois mort : laissez branches mortes, tas de feuilles ou petits amas de brindilles pour héberger insectes, crapauds, orvets et hérissons.
  • Paillage organique : répandez un paillis de feuilles mortes ou d’écorces au pied, qui protège le sol, abrite vers de terre et microfaune utiles.
  • Pas de traitements chimiques : bannissez pesticides, engrais de synthèse ou désherbants qui nuisent massivement à l’équilibre naturel.

Quels animaux profitent d’une haie refuge ?

Une haie diversifiée attire une faune abondante et variée très tôt, souvent dès la première ou deuxième année. Quelques exemples concrets  :

  • Oiseaux : mésanges, rouges-gorges, fauvettes, merles, chardonnerets… viennent pour nicher, manger ou s’abriter.
  • Pollinisateurs : abeilles sauvages, bourdons et papillons visitent fleurs et feuilles.
  • Petits mammifères : hérissons et musaraignes circulent au sol, aidant à la régulation des limaces et insectes indésirables.
  • Amphibiens et reptiles : orvets, grenouilles, crapauds apprécient l’ombre, l’humidité et la proximité d’un point d’eau naturel.

La présence de cette microfaune favorise aussi la lutte naturelle contre des ravageurs du jardin (pucerons, limaces…), réduisant d’autant la nécessité de traitements.


Éviter les erreurs courantes

  • Planter en monoculture : une haie composée d’une seule espèce (thuya, laurier, cyprès…) attire peu de faune et s’avère sensible aux maladies.
  • Tailler trop ras ou trop fréquemment : cela détruit abris et nids et limite la floraison et la fructification.
  • Oublier la zone au sol : une haie efficace va jusqu’au sol, sans laisser de trous béants où un hérisson ne passerait pas.
  • Négliger la connexion : privilégiez la continuité vers d’autres espaces naturels (potager, prairie, mare) pour démultiplier les bénéfices.

Apporter du concret : nos conseils pour aller plus loin

  1. Anticipez l’entretien : mieux vaut une haie variée mais pas trop développée que des plantations qu’on laisserait vite dépasser faute de temps.
  2. Essayez les haies champêtres libres : elles demandent moins de taille et offrent des formes naturelles plus favorables à la faune.
  3. Misez sur la patience : une haie refuge prend quelques années à devenir pleinement fonctionnelle, mais les bénéfices sont durables.
  4. Ajoutez des abris complémentaires : nichoirs à mésanges, hôtels à insectes, tas de pierres… renforcent l’attrait et élargissent la diversité accueillie.
  5. Observez et ajustez chaque année : vous verrez vite quelles espèces s’installent et pourrez compléter facilement si besoin.

Bilan : la haie refuge, un allié pour un jardin vivant toute l’année

Installer une haie refuge dans votre jardin, c’est s’engager dans une démarche concrète de préservation de la biodiversité tout en profitant des fruits, des fleurs et de la présence animée de la faune. Le geste est accessible à tous : de la simple bande plantée en bordure jusqu’à la haie multi-étagée, chaque mètre compte. Vous favorisez un écosystème naturel, limitez les plantes invasives, construisez un rempart contre le vent, et encouragez les insectes pollinisateurs si précieux au potager.
En suivant ces quelques conseils, votre haie s’enrichira naturellement, année après année, pour le plaisir des yeux comme pour celui de toute la petite faune locale. Pourquoi ne pas passer à l’action dès cette saison ? À vos bêches, et place au vivant !

Articles à lire aussi
outils-de-jardin.fr